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Jan 01

La Route des Cigognes – Mai 1992

C’est l’Aventure de ma vie

C’est ainsi que mon ami Jacques Poisot résume ce voyage extraordinaire que nous avons vécu en moto-planeur Scheibe SF28A F-CAQT.

Pour revivre cette aventure, il nous faut remonter dans le temps, de nombreuses années, 24 années pour être précis. Cela a commencé fin 1991. Jacques nous fait part de ses écrits :

Que faire de ces hivers sans neige ? Ce Jura qui nous a jadis tant gâté, ne fait plus d’efforts, semble-t-il, pour nous être agréable.  Pourquoi tant de mauvaise volonté de sa part ? Skis inutiles, remplacés tout de même par le patinage : quelques week-ends sur les bassins du Doubs …

Mais un soir, la visite de Frédéric, pour me parler non de neige, mais de soleil …

Au mois de mai, un rallye-promenade réservé aux moto-planeurs. Regroupement dans les Alpes du Sud. Rejoindre le Sud Marocain, Ouarzazate et revenir. Çà t’intéresse ?

Une fenêtre qui s’ouvre, en plein hiver comme cela, tout d’un coup, sur le Sud, le soleil, la mer, l’Afrique, ce n’est pas la peine de réfléchir !

D’accord Fred

Randonnée internationale de motoplaneurs de Paris à Ouarazarz (Maroc) du 1er au 17 mai 1992

« La Route des Cigognes« , c’est son nom, 3ème année qu’il existe, mais annulé l’année précédente à cause de la guerre du Golf. Ce n’est pas une course, il n’y a pas de classement, mais seulement, en partant de Moustiers Sainte Marie, le lieu de ralliement, un cheminement, si possible groupé, via Marseille, la côte jusqu’à Perpignan, le littoral Espagnol, Gibraltar, Tanger, Casablanca, Marrakech, le passage de l’Atlas et enfin Ouarzazate. Elle aura lieu du 1er au 17 mai 1992.

Pourquoi ? Pour reconnaître, explorer, dans cette région, des thermiques qui, parait-il, devraient faire de ce secteur un haut lieu du Vol à Voile.

Le mieux pour savoir, c’est d’y aller !

Avril 1992

Nous venons de nous procurer les cartes d’Espagne et du Maroc. Dépliées, elles sont vastes et nous font déjà réaliser que la route est longue. En les étudiant, on a déjà l’impression de voler au-dessus des paysages.

Mais il y a tellement de zones et de détours obligatoires signalés qu’il nous faudra certainement souvent oublier que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre.

Le rendez-vous aura lieu vers Moustiers Sainte Marie, sur un aérodrome privé sur les rives du lac de Sainte Croix du Verdon. La date n’est pas encore précisée.

Le 25 avril, la liste définitive comporte 16 moto-planeurs et un avion :

  1. XIMANGO F-CHXB SOISSONS
  2. XIMANGO F-CHXD PERSAN-BEAUMONT
  3. XIMANGO F-CHXF GRENOBLE
  4. XIMANGO F-CHXA CASTRES
  5. SF28 F-CCJY PERSAN-BEAUMONT
  6. SF28 F-CAQT BELFORT
  7. SF25E F-CHSC PERSAN-BEAUMONT
  8. RF4 F-???? CHARTRES
  9. RF3 HB-2005 LAUSANNE
  10. DIMONA F-CGAR GRENOBLE
  11. TAIFUN F-WGAC MACON
  12. DG400 D-KOTZ FORET-NOIRE
  13. DG400 OO-FIT ANVERS
  14. PIK30 F-CAAZ BEYNES
  15. VENTUS CM D-KLLW FORET-NOIRE
  16. STEMME D-KBRE ASPRES SUR BUECH
  17. MOUSQUETAIRE F-BNIZ PERSAN-BEAUMONT

Les derniers préparatifs

Une visite annuelle du motoplaneur est effectuée à Belfort du 1er au 10 avril 1992 par notre ami Alain Cornec, et le carnet de route de l’avion est signé par le Bureau Véritas le 16 avril. Les pneus du train principal et de la roulette de queue, ainsi que les chambres à air sont remplacés par précaution le 16 avril, toujours par Alain.

Le 24 avril, je convoie le SF28 jusqu’à Montbéliard qui nous servira de base de départ. Un petit vol de 1h30 en fin d’après-midi : tout semble fonctionner correctement. Un deuxième vol le 28 : tout va bien, on est prêt pour le départ.

C’est le grand jour

30 avril 1992 : Enfin le jour du grand départ est arrivé. Chargement des bagages, c’est à dire pas grand chose vu le peu de place disponible. Pas de soucis, le sac de couchage remplace les coussins, une brosse à dent et quelques rechanges et voilà. La roue de secours prend à elle seuletoute la place dans le coffre.

Les cartes, les papiers, la radio de secours et on est paré !IMG_0000

10h30 : mise en route pour un décollage à 10h35 et un vol direct destination l’aérodrome de Grenoble le Versoud pour ravitailler en carburant. Après le décollage, cap vers Genève : notre intention est de passer à l’Ouest de Genève sous la TMA de façon à ne pas déranger le trafic aérien.

Nous survolons le Jura dont les hauteurs sont encore bien enneigées, le paysage est superbe et nous avons une bonne visibilité. Nous contactons Genève info pour leur faire part de notre passage et nous restons en contact sur leur fréquence (nous n’avons pas de transpondeur, pas de GPS, pas de moyen de radio-navigation : uniquement la carte, le compas et la montre).

Cela fait un peu plus d’une heure 30 minutes que nous sommes en vol, tout se passe bien, et nous venons de passer Bellegarde depuis quelques instants, l’altitude de vol n’est pas très élevé, environ 600 m sol, il fait très beau, le soleil est au rendez-vous, pas de vent, …

Lorsque tout à coup : taratatataaa … taratatataaa … Alerte rouge, le moteur fait des siennes …

 

Annexes

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